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LE PHONOGRAPHE SOUS LA CHARMILLE La Semaine du Clergé L’histoire du phonographe commençe vraiment en 1877, le 16 Avril de cette année CHARLES CROS dépose à l’académie des sciences un pli cacheté dont le texte est : PROCEDE D’ENREGISTREMENT ET DE REPRODUCTION DES PHENOMENES PERCUES PAR L’OUIE Ce pli est accepté le 30 Avril, mais CHARLES CROS ne trouve pas de constructeur, un de ses amis l’abbé Le Blanc, afin de l’aider, publie dans la SEMAINE DU CLERGE du 10 Octobre 1877 un article expliquant le principe de son invention et pour la premiere fois le mot PHONOGRAPHE apparait Pendant ce temps de l’autre coté de l’Atlantique Thomas EDISON remet à un de ses collaboateurs, un croquis d’un appareil phonographe à réaliser, CHARLES CROS ayant été mis au courant des recherches de Thomas EDISON, et ayant peur d’ètre”doublé” par ce dernier demande à l’Académie des Sciences le 3 Décembre d’ouvrir son pli et de le diffuser largement. Faute de moyen il ne pourra pas réaliser son appareil. Début Decembre le premier phonographe au monde, sera réalisé par Th.EDISON qui déposera le 19 Decembre à Paris un brevet pour un appareil semblable. Le 22 Decembre, Thomas EDISON fait une démonstration de son appareil au journal SCIENTIFIC AMERICAIN Le 11 Mars 1878 Thomas EDISON fait présenter par le comte TH.DU MONCEL( représentant en France de EDISON) son appareil à l’Académie des Sciences, il en fabriquera cette même année plus de 600. Septembre 1878 le comte DU MONCEL sort à la Bibliothèque des Merveilles son livre: LE TELEPHONE ,LE MICROPHONE,et le PHONOGRAPHE Dans ce livre il fait une présentation du Phonographe de Thomas EDISON et il lance une polémique avec l’abbé Le Blanc, voir ci-dessous un extrait de la page 271 Ce passage provoquera une riposte violente de l’abbé Le Blanc dans la SEMAINE DU CLERGE du 20 Novembre 1878 ( article beaucoup moins connu que le précédent car on parle toujours de celui de Octobre 1877) ci-dessous la suite de la réponse de l’abbé Le Blanc : Nous lisons dans ce livre l’assertion suivante: Ce n’est qu’au mois de Janvier 1878 que le phonographe de Mr EDISON a été breveté.Par conséquent, au point de vue du principe de l’invention, Mr Ch CROS parait avoir une priorité incontestable;mais son systeme tel qu’il est décrit dans son pli cacheté et tel qu’il est publié dans la SEMAINE DU CLERGE du 10 Octobre 1877, aurait il été susceptible de reproduire la parole?....Nous en doutons fort, et notre doute pourrait etre légitimé par les essais infructueux tentés par M l’abbé Le Blanc qui avait voulu réaliser l’idée de M CROS M du MONCEL a tiré cette assertion d’une brochure in-18 de M GIFFARD intitulée :le phonographe a tout le monde : EDISON et ses inventions edition Maurice DREYFUS; brochure dans laquelle l’auteur cite un long article de la gazette de France, par M.DANCOURT,lequel disait en parlant de nous mèmes: Heureusement pour M Charles CROS ,M. l’abbe Le Blanc ,rédacteur scientifique de la semaine du clergé, l’ayant rencontré, lui demanda quelques détails et s’éprit fort de son projet. il en rendit compte dans un article du 10 Octobre 1877.on peut voir que M LeBlanc décrit à cette date et sous le nom mème de phonographe un appareil identique à celui de M.EDISON, sauf que l’enregistrement ne s’y fait pas sur papier d’etain, cette livraison de la semaine du clerge fut , d’ailleurs déposé au secrétariat de l’Academie des Sciences........En résumé, la description écrite de M.EDISON est de huit mois et demi en retard sur celle de M.Ch CROS.La formule du principe et la description du mème appareil, sauf le papier d’etain, ou la lame de cuivre mince, ont été publiés antérieurement au dit brevet, sous le nom de M CROS. Principe et appareil sont donc dans le domaine public , avis aux constructeurs du pays. La méme brochure ajoute, aprés avoir donné cette citation, entre autres reflexions, en parlant de M.CROS : il faut que par hasard, il rencontre M l’abbe Le Blanc pour qu’il parle de son idée, et c’est M l’abbe Le Blanc qui cherche à la réaliser en construisant un phonographe, fort bien fait , il est vrai, mais ne parlant pas. La grosse erreur qu’on nous prète , et que grace à l’ouvrage de M du MONCEL on va maintenant nous préter partout, est celle d’avoir essayé de construire un phonographe et de n’avoir pas réussi à le faire parler.Tout le reste est à peu près exact.Nous n’avions pas fait attention d’abord à l’article de la gazette de France ni à ce petit volume de M.GIFFARD , mais l’ouvrage de M. du MONCEL a trop d’importance pour que nous ne nous inscrivions pas nous mème en faux contre une assertion qui n’a rien de vrai.Nous avons depuis longtemps fait des articles scientifiques dans les journaux à titre simplement de vulgarisateur de la science;nous avions mème été, il y a plus de ving ans, le rédacteur en chef, pendant plusieurs années, d’un journal hebdomadaire appelé la science pour tous journal très connu qui existe peut etre encore, mais tombé à l’état de spécialité pour la médecine et en histoire naturelle; mais jamais dans notre vie nous avons essayé de réaliser une invention; et quant au phonographe nous ne l’avons pas plus essayé que tout autre de la science de l’industrie.Dans quel cerveau a pu naitre une pareille supposition, et quel est l’auteur qui a eu l’audace de la donner, comme un fait acquis?c’est ce que nous ignorons.Il est important, pour l’histoire de cet ingénieux instrument,que nous rétablissions la pure vérité sur ce point; c’est pourquoi , nous allons raconter nous mèmes en toute sincérité ce qui c’est fait à nottre connaissance et avec notre concours, avant l’apparition du phonographe de l’Américain EDISON, relativement à cet instrument dans notre pays c’est à dire en France et à Paris. Ensuite l’abbé Le Blanc reprend toute la description de son article du 10 Octobre 1877 dans la semaine du clerge et il ajoute : Il est évident que c’est nous seul qui avons composé le nom de phonographe, M charles CROS ne fut pas pleinement satisfait de ce mot et avec raison , puisqu’il n’indiquait que l’enregistrement des sons et nulement leur répétition parlée ou chantée; ce mot ne disait et ne dit encore que la moitié de la merveille.M CROS, en cherchant entrouva un autre, et trouva celui de paléophone qui disait bien cette fois la seconde moitié de cette merveille . M V MEUNIER proposa ce nouveau nom ,dans plusieurs articles du rappel; MaisM.EDISON avait choisi le notre, celui de phonographe et c’est ce dernier qui a eu gain de cause dans le public, comme tout le monde le sait aujourd’hui. Il est évident, en second lieu, que nousavons donné, bien antérieurement à M.EDISON , la véritable description de son phonographe, ainsi que la fait observer le rédacteur scientifique de la gazette de france , sauf pourtant l’emploi de de la feuille d’etain ou d’une lame mince de cuivre. EDISON, en effet a eu l’excellente idée de remplacer le noir de fumée ou toute autre couche de matiere susceptible de recevoir facilement une trace,ainsi que nous le dision, par cette lame d’etain appliquée sur le cylindre;le frottement du ressort vibré sur cette matiere molle,a,dés lors,suffi pour y tracer à demeure la ligne en creux et en zig zag correspondanteaux vibrations; puis en faisant tourner le méme cylindre avec la vitesse convenable de maniereque le tracé de la feuille d’etain fit vibrer une pointe d’acier se trainant sur tout les zig zag , et de plus, en recevant la vibration dans une plaque telephonique, il a obtenu la reproduction de la parole. On ne peut donc pas nier que sauf cette lame d’etain qui a produit , immediatement et sans l’aide de la galvanoplastie le résultat cherché, nous avions donné la description exacte du phonographe avant, de l’avoir jamais ni essayé ni vu fonctionner, et méme huit mois avant que celui de l’Americain fut connu. La premiére idée de cet instrument à certainement poussé pour la premiére fois au monde ,dans l’ingenieux cerveau de M.Charles CROS.quant à la réalisation, pour ètre absolument fidéle à la vèrité, nous devons dire que ,dans la rédaction de notre article, nous avions un peu modifié à notre convenance, les conditions présumées par nous de la réussite. C’est nous, par exemple, qui avions supposé un cylindre enregistrant sur sa surface les traces d’une pointe d’acier vibré par untambour telephonique.Mais il est clair que le mérite réel de l’invention revient tout entier à M Charles CROS, et nullement à M EDISON, excepté pour l’emploi de sa feuille d’etain qui a rendu, grace à la substance molle, applicable à l’instant l’idée conçue. Ici donc, comme il arrive si souvent, c’est le cas de dire, grace à l’argent dont dispose la Compagnie Americaine d’exploitation des inventions, à laquelle appartient, dit on, M.EDISON,et à notre article qu’il aura lu sans doute, puisque la semaine du clerge est assez répandue en Amérique , au véritable inventeur qui est M Charles CROS et à ses pareils : Sic nos non vobis abbe Le Blanc RETOUR
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